Et, Fillon nous fait une demie-Jospin arrière…

Publié le par letang-moderne

gymnaste-super-fort-300x217.jpgOn est mardi et malgré un lundi chargé, on vient juste de finir le weekend ! Quelle Marrade au fond que cette séquence de l’élection du Président de l’UMP, de véritables championnats du monde de la figure imposée…

Bien sur, tout le monde aura remarqué l’époustouflante prestation de Valérie Pécresse du Dimanche soir, réalisant dans le plus pur style  de la vierge chaste, innocente et pure, le plus beau des sourires figés, réalisation parfaite, qui en fait, sans contestation possible, la championne du monde. Incomparable et inégalable prestation accompagnée d’un triple cligné de paupière, instant magique du foutage de gueule  devenu grand art des olympiades médiatiques !

Quelques minutes plus tôt nous assistions, littéralement scotché devant BFM, spécialiste du reality- show de la droite débridée, au coming-out  séditieux de Jean-François Copé. Devant ses amis, fillonnesques médusés par une telle audace, la buse de maux s’est livré à un pronunciamiento décomplexé au point de  faire rougir le moins timide d’un quarteron de généraux à la retraite !

Magnifique coup… Bas… comme il se doit. Tout y est ! La surprise, la violence, l’arrogance, l’orgueil l’insolence et le mépris !

Quelle magnifique attaque du fond du court, reléguant les plus élémentaires des principes de la démocratie élective  au rayon de souvenirs obsolètes, à la remise des mobiles pour enfant en bas-âge…

C’est un peu con tous ces trucs  que l’on met au dessus des yeux des nourrissons pour étouffer ce que l’on croit être leurs angoisses nocturnes !

PIM, PAM, POUM, en moins de temps qu’il ne faut pour le dire le vrai visage du nouveau Président de l’UMP est apparu : l’œil  fielleux, amer, hypocrite, malveillant  comme celui de son ami Zemmour. L’arrogance faite de familiarité et de suffisance perfide à la mode d’une Elisabeth Levy. L’animosité antipathique, misanthrope  et dégoutante d’une Rober Ménard libéré de tous complexes. Le front bas et sournois d’un Patrick Buisson inspiré, arriéré et revanchard, s’en prenant au bouffeur de pain au chocolat pour mieux inséminer sa haine de l’autre, son délire identitaire…robert-menard-2.jpg

Hier soir le sénateur, le Sénateur Patrice Gélard, Ephémère président de la COCOE, est devenu célèbre. Retenez le nom de se professeur de droit soviétique (ça ne s’invente pas !) car en validant, après maintes palabres, causeries, après les échanges et les arrangements, les querelles et les deals, l’élection de Jean-François Copé, le garant de l’orthodoxie vient en fait d’entériner  l’ancrage du premier parti de la droite française au corps-mort des tenants de la nouvelle droite, des identitaires et des réactionnaires bornés !

On a bien rigolé en regardant les télévisions et en lisant les journaux, mais  avec le weekend  qui se termine, l’envie de rire disparaît peu à peu, le triomphe de cette ligne de la droite forte révèle la pente fatale dans laquelle la classe politique est engouffrée.

La victoire de cette pensée moisie n’a entrainé chez les commentateurs du Parti Sournois aucune remarque sur le fond, tout au plus, ils ont fait observer  combien ils étaient désormais les représentants les plus légitimes d’une politique sérieuse et bien comme il faut. Ils ont insisté sur leur capacité de gestion, leur savoir faire pour organiser des primaires qui accouchent du candidat  attendu par les marchés et les banques…

Valls qui aurait sans doute fait plus de voix auprès des électeurs de l’UMP que dans les primaires socialistes  n’a retenu de ce Week-end  bleu et brun que les propos de Jean-Luc Mélenchon sur le premier ministre. Il les trouve indigne !

2304PatrickBuisson-Reuters930620 scalewidth 630En ne proposant aucune réplique, aucune réponse face à ce glissement inédit de la droite française vers les thèses subversives de la nouvelle   droite, ils accompagnent lourdement la grande récession idéologique dans laquelle nous sommes désormais engagés !

François Fillon, qui sors, épuisé et meurtris  d’avoir mis en œuvre la politique réactionnaire de Buisson pour le compte de Sarko vient de perdre la dernière tentative de la droite républicaine d’endiguer le flot xénophobe, ultralibéral et sécuritaire que portera désormais ouvertement l’UMP !

En se retirant de la vie politique dans une pirouette improvisée, Jospin avait lui aussi, d’une certaine manière, signifié son abandon devant la dérive du parti socialiste, comme celui qui ne veut pas voir la suite… Hier Fillon a réalisé une demi-Jospin, bancale et hésitante encore…

Mais au fond il vient de naitre une nouvelle discipline olympique face à la violence inouïe de la droite extrême : la reculade.

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