Temporaria humilibus…

Publié le par letang-moderne

Temporaria  humilibus…

Que les Charlie furent beaux. Par millions, anonymes et silencieux. Beaux comme une âme de vérité quand tout semble faussé par un air putride…

Vous étiez beaux du courage de ceux qui connaissent toujours le bon chemin… Tout droit de République à Nation, par millions par millions, le double de pieds que de millions, pataclop… pataclop… Sale temps pour les varices, ce dimanche le sang circule dans les artères…

La presse n’aura plus jamais peur de se retrouver seule face à un despote éteint, vous étiez là unis et debout…. La brochette de salopards qui vous précédait n’aura plus jamais peur non plus.

Quand tout le monde est Charlie, c’est qu’il n’y a plus de Charlie !

Que vous étiez beau Mr Orban, Monsieur le chef de la sécurité intérieure du Maroc, beau aussi ! Nethaniaou, très beau si vraiment… Merkel, mon Europe que j’aime ! Le turc et le franquiste de Jajoy !!! Pour tant de beauté, merci et chapeau bas !

He ho !! Calmez-vous ! Bien sûr qu’il fallait y être, j’ai même en vie de dire en être !

Bon moi j’ai pas pu, c’est que quand les cœurs murmurent en silence la cadence de l’unité nationale moi j’entends toujours, c’est plus fort que moi, le bruit des bottes, quand le clap clap raisonne au passage d’un camion de CRS, c’est plus fort que moi j’entends le bruit sourd d’une grenade qui déchire le dos d’un enfant et les applaudissements du dimanche me font songer à Jacques Martin, puis d’une pensée à l’autre, vous savez comment ça fait ? J’en arrive à Desproges et je me dis que l’on peut manifester vraiment de tout, mais vraiment pas avec tout le monde !

Alors du coup je n’y suis pas allé, j’aime les bulles que font les vents dans les bénitiers et les messes me font définitivement chier !

Pour autant, ami et camarade, ne t’emballe pas ! Il n’y a rien à l’instant qui mérite le courroux que j’ai vu se déchainer sur les réseaux, pas de phrases définitives, pas besoin de conjurer tel ou tel de nos chefs pour l’implorer de ne pas se joindre à la grande marche. Être lucide, comprendre, qu’il y avait bien sûr un intérêt à ne pas laisser le peuple marcher seul… Admettre aussi qu’il y a une grandeur, une noblesse pourquoi pas, à ne pas participer pas à des manifestations qui veulent imposer une unité nationale dans laquelle pourront se retrouver très bientôt le parti socialiste et la droite.

C’est eux qui portent la responsabilité de la situation de crise et de la montée de la barbarie à laquelle on assiste et dont l’attentat à Charlie Hebdo n’est qu’une manifestation abjecte.

Mais la situation pour être abominable eut pu être pire, imagine pauvre petit pigeon que les autres idiots d’assassins eurent la pauvre idée de décimer la rédaction de National Hebdo ou de décapiter Zemmour …. Ça va ? Tu le vois l’autocollant là…

Je dis pigeon, parce que tu vois de tous les ramiers de mon genre, de mon espèce, le pigeon c’est toujours de lui que l’on se moque, alors parfois, il choisit l’humilité temporaire du silence quand tous les autres se poussent du col pour tordre à qui mieux mieux notre conscience, nos doutes, notre peine…

L’humilité temporaire parce que vous les beaux Charlie, vous ne pouviez pas aller au carré des huiles, des Schultz , des Valls, alors un pigeon s’en est chargé…. Et dans un esprit tres Charlie vraiment, c’est tout à fait délicatement que sur l’épaule du Président, une belle fiente il déposa...

Il fallait y être... quitte à être pris pour un Pigeon.

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JANCAP 20/07/2016 02:52

Vos propos sont respectable. Vous oubliez cependant l'essentiel. Les meurtres de Charlie concernaient la liberté de la presse. J'ai réagi immédiatement, avant de manifester.

Les autres carnages constituent une réponse aussi dégueulasse que la politique bushiste et néocoloniale de la France, inaugurée par Sarkozy et continuée de manière très agressive par Hollande (Obama obligé de le calmer ...retour à l'OTAN, manipulation des islamistes).
Il faut donc cesser les délires et les considérations poétiques, pour mieux s'opposer frontalement à cette politique étrangère qui dénature complètement le rôle de la France, comme membre permanent du Conseil de Sécurité de l'ONU et championne de la paix dans le monde, habituée (de De Gaulle à Chirac en passant par Mitterrand) à dialoguer avec tous les pays et mouvements rebelles, pour s'asseoir à la table des négociations, afin de rechercher de compromis, la paix et la coopération.

Les pleurs, les deuils et les désolations de nos familles sont loin d'être terminés, tant que la France bombarde les pays du Moyen Orient et d'Afrique, comme seule réponse aux attentats sur notre sol. Tant que, comme Bush, nous jouons le rôle de salauds du monde, pour du pétrole et du gaz, notre pays perdra toute crédibilité et se discréditera complètement aux yeux des populations qui voyaient en la France la patrie des Droits de l'Homme.
Agissez pour que la France redevienne la France.

Christine Duplaissy 12/01/2015 15:44

Pourquoi donc votre texte m'a-t-il fait venir à l'esprit le poème suivant ? :
LES OISEAUX DE PASSAGE

Ô vie heureuse des bourgeois
Qu'avril bourgeonne
Ou que décembre gèle,
Ils sont fiers et contents

Ce pigeon est aimé,
Trois jours par sa pigeonne
Ça lui suffit il sait
Que l'amour n'a qu'un temps

Ce dindon a toujours
Béni sa destinée
Et quand vient le moment
De mourir il faut voir

Cette jeune oie en pleurs
C'est là que je suis née
Je meurs près de ma mère
Et je fais mon devoir

Elle a fait son devoir
C'est à dire que onques
Elle n'eut de souhait
Impossible elle n'eut

Aucun rêve de lune
Aucun désir de jonque
L'emportant sans rameur
Sur un fleuve inconnu

Et tous sont ainsi faits
Vivre la même vie
Toujours pour ces gens là
Cela n'est point hideux

Ce canard n'a qu'un bec
Et n'eut jamais envie
Ou de n'en plus avoir
Ou bien d'en avoir deux

N'avoir aucun besoin
De baiser sur les lèvres
Et loin des songes vains
Loin des soucis cuisants

Possèder pour tout coeur
Un vicère sans fièvre
Un coucou régulier
Et garanti dix ans

Ô les gens bien heureux
Tout à coup dans l'espace
Si haut qu'ils semblent aller
Lentement en grand vol

En forme de triangle
Arrivent planent, et passent
Où vont ils? ... qui sont-ils ?
Comme ils sont loin du sol

Regardez les passer, eux
Ce sont les sauvages
Ils vont où leur desir
Le veut par dessus monts

Et bois et mers et vents
Et loin des esclavages
L'air qu'ils boivent
Ferait éclater vos poumons

Regardez les avant
D'atteindre sa chimère
Plus d'un l'aile rompue
Et du sang plein les yeux

Mourra. Ces pauvres gens
Ont aussi femme et mère
Et savent les aimer
Aussi bien que vous mieux

Pour choyer cette femme
Et nourrir cette mère
Ils pouvaient devenir
Volailles comme vous

Mais ils sont avant tout
Des fils de la chimère
Des assoiffés d'azur
Des poètes des fous

bis
Regardez les vieux coqs
Jeune oie édifiante
Rien de vous ne pourra
Monter aussi haut qu'eux

Et le peu qui viendra
D'eux à vous
C'est leur fiante
Les bourgeois sont troublés
De voir passer les gueux

Jean Richepin