Ça ne Valls pas ta tête ? Il faut régulariser Kadi Diop !

Publié le par letang-moderne

immigration1Je lisais ce Matin Daniel Bensaid, il faut toujours lire « Bensa » le matin, ça laisse la journée pour mariner, et le lendemain pour répandre.  Au détour de ce livre qui s’appelle « la politique comme art stratégique », je tombe sur cette phrase, annotée d’une lecture précédente : « dans l’ordre de l’engagement, la seule chose qui vaille d’être posée est de savoir si l’ordre établi est humainement tolérable ou s’il est nécessaire de le changer. Même si tu n’es pas sûr d’y parvenir, agis en sorte que le nécessaire devienne possible. Telle pourrait être la maxime laïque de la politique révolutionnaire. »  

C’est à ce moment-là, interrompu dans ma lecture, que l’iPhone faisait ce joyeux TING ! Annonciateur de la réception d’un mail. Le mail en question, c’est la pétition de soutien à Kady Diop initiée par nos amis du Parti de Gauche de Sud Gironde.

Cet entremêlement des évènements est révélateur, tu  gamberges tranquillement sur ton canapé, tu réfléchis, tu musardes sur la nature de l’engagement politique et d’un seul coup, décisif comme une brutale évidence,  tu te retrouves confronté, une nouvelle fois, à des phrases aussi connes et stupides que celle que prononça Valls au début de l’été.

« Être de gauche ce n’est pas régulariser  tous les sans-papiers » avait lâché le fort éveillé Valls  au beau milieu des averses de pluies de cette fin du mois de juin ! Bien sûr ! Certes, mais quand même une chose est sure, ce n’est pas le signe non plus qu’on le soit !

Il faut bien sur  signer la pétition pour exiger que Katy Diop, puisse continuer à tailler les vignes, de Bernard Arnault ou d’un autre, mais il faut surtout combattre définitivement cette manière héritée des années Pasqua, de considérer la régularisation des sans-papiers, comme une affaire individuelle.

Il faut tordre le cou à cette médiatique phrase colportée comme une bienséance humanitaire alors qu’elle pose en principe l’arbitraire, l’injuste, l’exception, pire le hasard….

La « régularisation au cas par cas » n’est pas qu’une politique sotte et bornée, elle est une tâche indélébile sur notre morale, elle borne les limites de ce que nous pouvons tolérer.4520987409_65d5c6de5f.jpg

Depuis, que devenu militant, j’ai eu à m’emparer de telles situations, je les  ai, je crois, presque toutes croisées. Valait-elle mieux cette femme enceinte ukrainienne, que cet employé de banque, back office,  échappé des sables de Nouakchott, l’étudiant qui échoue à sa thèse, l’enfant, le collégien, la malade, le visiteur qui s’attarde, et l’amoureux qui ne veut plus partir, les jeunes mariés ou les futur époux, ce petit fils qui veut accompagner sa grand-mère pour les derniers jours de sa vie, cet escroc, et ce travailleur bien ordinaire, ce divorcé , cet apprenti et ce parent malade, la concubine, l’artiste et même  ce trafiquant de drogue. Ils se valent tous ! Il n’y a pas de cas par cas qui tienne, ils  sont la masse de l’humanité ! La matière de notre civilisation, le boson qui manque  au raisonnement de Valls !

Notre civilisation, il n’y en qu’une, est faite de gravité et d’attraction, la richesse, la démocratie, les lumières  sont des astres qui font l’histoire de l’humanité aussi certainement que le flux et le reflux des marées marquent l’effet conjugué des forces de gravitation de la lune et du soleil !

Sans cette attraction naturelle des hommes vers les lieux de la vie douce, c’est toutes nos sociétés qui s’écrouleront, ici et là-bas. Le désordre démographique mondial est sans cesse aggravé par les politiques imbéciles libérales et néo-coloniales qui pillent les richesses du sud au profit d’un tout petit nombre d’humains barricadés derrières des frontières imaginaires improbables et inefficaces  tout comme le sac de terre posé sur la digue croyant enrailler le tsunami !

Ces politiques à courte-vue, n’ont en réalité qu’un seul but, un misérable dessein comme celui de faire des voix aux élections. Crasserie de notre gouvernement, qui se lance dans une sordide comptabilité de ceux que l’on acceptera et de ceux dont on exhibera la reconduite aux frontières.

6525177411_22cd2642bc.jpgLe temps de notre gauche est un temps long, fait de prise de conscience et d’explications rigoureuses, le temps de notre gauche est celui de la diffusion d’une pensée raisonnée, utile et capable d’appréhender les difficultés de ce monde dans sa globalité. Le temps de notre gauche  n’est pas compatible avec des compromis pourris qui infusent dans la société le poison de l’inégalité et de l’exclusion, la guerre économique, l’exploitation de l’autre, et le mythe d’un ilot de bonheur au milieu d’un flot de misères et de frustrations.

Valls ! Fais en sorte que le nécessaire devienne possible !link




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