Un mauvais regard…

Publié le par letang-moderne

regard.jpgJe ne moque que de ce que je me plains. J’ironise et je ne souris que de ce que je chiale, de ce que je gémis. « Libre sur un fil d’acier quand tout l’équilibre vient du balancier », écrivait Aragon. La dialectique a ses poètes, surmonter ses contradictions est une gymnastique du quotidien, une discipline de la sublimité, et de l’élévation pour que soit permit de rester les pieds sur terre !

Se construire une pensée humaine, humaniste serait prétentieux, et faire son miel de lecture aussi scélérate  que d’un Nobel pédophile comme Gide, lire et relire Flaubert tout en ne méconnaissant rien de son aversion pour le peuple, se délecter des phrases de Céline, immonde aboyeur, faire des rêves joyeux et tendres et poser le marquis de Sade sur sa table nuit.

Rousseau abandonne ses enfants dans les vents, Pascal fait des paris tout aussi stupides qu’un handballeur, Trotski oublie sa morale et leur livre pour le massacre de quelques marins avinés !

L’humanité ne  se conçoit que dans la dialectique du dépassement de ses propres contradictions pour peu qu’elle soit éduquée.

A la sortie du lycée d’Echirolles prés de Grenoble, une bagarre de la plus grande des banalités  tourne au funeste, au  grave au vrai tragique… ce qui était une albagatelles.jpgtercation  devient un déchainement inouï de violences, de la mort par paquet de deux !

A l’origine de ce casse-pipe, ce grabuge, de cet abattoir à ciel ouvert un regard, juste un regard, un mauvais regard.

Chez les grands carnassiers, chez les fauves, chez les loups, chez toutes les bêtes sauvages, le rôle de la vision dans le processus qui déclenche  une attaque est primordial... il y a le monde et la vision qu’ils s’en font les peurs ténébreuses qu’elle engendre et l’instinct qui  mord la nuque, comme l’histoire qui nous poursuit…

L’homme est un animal de culture, il se différencie de la bête  que par ce qu’il connaît de ce qu’il apprend, de ce qu’il maitrise de ses contradictions. En confrontant ce qu’il voit à ce qu’il sait, il endort, il cajole, il maitrise autant que faire se peut le couguar antique qui dort au tréfonds de nos origines…

Je ne me moque que de ce que je me plains, et je banderole et milite  que pour m’extraire de mon humus, de mes antiques passions…

Je continuerai avec ravissement  de lire les épileptiques mots chauvins de Dostoïevski, je me fendrai toujours autant la poire de la misanthropie de Molière, les folies destructrices de Debord, de la très bourgeoise pensée de Marx, je relierai Nietzsche sans brutalité.

hemoglobineeup3.jpgIndocile, insoumis, insubordonné et révolutionnaire  mutin comme un Genet qui fraye avec la racaille je continue  à surmonter mes contradictions…. Mais si un jour pété comme un pauvre Nabokov, ivre comme Faulkner, à la sortie d’un clando africain de  st Michel,  si le visage hideux  de la raison m’abandonne dans un dernier sourire narquois….

Alors il suffira d’un regard….

 

 


 

 

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