Quand je suis silencieux.

Publié le par letang-moderne

femmes-dos-peinture-fabian-letizia-siesta-imgIl n’y aura pas de roses au balcon. J’aurai des bottes en caoutchouc et toutes les trompettes fanfareront. Je marcherai couché le long de l’avenue déserte sous les hourras des absents. Quand je suis silencieux, je caresse les mains de mes morts, je suis déjà la main qui attend à son tour l’effleurement !

Bientôt, les bras qui m’en tombent n’auront plus le courage d’embrasser. Une arlésienne comme une varsovienne, ma misanthrope solitude me gagne. Je m’étends, je me répands…il n’y a que les petits qui sont mes amis, les caniches  et les poux, les graines et les miasmes, la particule, l’atome et leur galaxie !

Le show n’a plus de sens, comment me couvrirai-je de promesse, je n’aspire qu’au café crème que l’on prend à la terrasse du café face à la piscine désaffectée de Meknès !

Voilà, je m’y suis fait.

Broyé et déçu, l’enfant qui m’embrasse ne m’arrache plus aucune larme, je suis un vacarme silencieux. Le temps qui dure longtemps ne me regarde plus.

Un jour ou l’autre à force de continuer à m’infliger des  jours et des soirées, j’aurais oublie  tout de mon état d’infâme !

Je veux vivre heureux dans une mansarde sans jamais quitter de mes yeux tes hanches. Au fond, il n’y a plus qu’avec toi que je veux continuer à tourner, ta cervelle de colombe et tes yeux trop coloriés !

J’ai fini de faire attention, je préfère tes faux cils aux postures féministes !

La lutte n’est pas un bouquet de violettes et les moineaux qui peuplent le biotope se prennent pour des aigles... le degré de duplicité  qu’il s’agit d’atteindre appelle un professionnalisme oiselier que mon aversion pour les cages, même art-déco, ne me permet pas d’atteindre !

C’est tout un art !

Bien sur le parti, c’est un havre, un refuge. Un parangon de fraternité, de loyauté, de franchise. Une méthode de solidarité et de fraternité…. Voilà que je délire-  non je déconne !

C’est pour ça que je souris pour cacher cette gamberge. Verte !

 A tant rêver, j’aurais mieux fait de prier la bonne vierge qui n’est pas affublée d’œil  dans le dos et qui n’a jamais osé pourfendre l’espiègle !

Parfois le militant finit comme une bestiole à deux dos… d’abord il est sérieux, pis dans la journée il devient sévère, et il finit l’après-midi triste comme un con !

A quoi sert donc le temps précieux que l’on passe à s’engueuler avec les meilleurs d’entre nous ?

Nous qui sommes toujours d’accord passons notre temps à traquer les détails, les broutilles, les accessoires bagatelles susceptibles de partager le germe du grain, le pépin de la pousse !

Je suis presque déjà si fatigué  que je ne veux plus de moi appliquant des consignes invisibles, ferraillant contre tous ceux  qui sont braqués rebelles et révoltés, fiers du mot d’ordre  qui les mutile, orgueilleux de leur crasse ignorance !

Une consigne pas de consigne est leur crédo, agitez-vous donc, braves gens, le reste se fait sans vous !

Il n’y a définitivement que pour ta menotte que je baisserai les yeux.

Mes camarades, si je suis silencieux, c’est qu’à tout prendre, puisqu’ il faut dépendre,  ici, ailleurs, là, maintenant ou après, puisqu’il faut dépendre  autant que ce soit à ton cou que je me pende ! 

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JADAU 24/02/2013 20:51


Quelle est cette lassitude qui envahit le lutteur ?


Si la vie est un combat c'est aussi le rêve et le partage, la pose et la douceur.


Des envies des promesses, silencieux ou pas.