Pasteur, l’idiot, la gare, la nuit, les sondages…… Mélenchon et son visage pâle….

Publié le par letang-moderne

 

4111923416_2fd960337c.jpgJ’aime le boulevard Pasteur à Tanger, et les pâleurs des visages, J’aime les gares et les chapeaux, j’aime l’espace infini qui sépare une seconde  de  l’autre, j’aime les idiots et certains matins

Le boulevard Pasteur, cette ligne parallèle à la Méditerranée se réveille tous les matins engorgée de soleil, exhibant ses parfums d’orange et de coriandre mêlée, les effluves du marché du grand Soco, les mots   étouffés dans l’abandon du théâtre Cervantès. Le boulevard Pasteur, c’est cette ligne de vie, ce fil précieux qui enchaine la misère nocturne des Tangérois, aux espoirs renouvelés du petit matin.

Les enfants des rues noirs de colle et d’autres saloperies retrouvent leur visage débarbouillé d’un simple jet de soleil, la vérité exhibe  sa beauté effrontée et rebelle !

La côte de popularité de Jean Luc Mélenchon ne cesse de croitre, les intentions de vote ne cessent de piétiner dans la nuit des 9%.....

Pourtant à saint Caprais de Bordeaux, petite ville au nord de Tanger, le matin ensoleillé, réveille la torpeur des stagnations sondagières, avec ses 1800 habitants, l’Assemblée Citoyenne qui s’y est tenue, avant-hier a rassemblé plus de 100 personnes !

La vérité exhibe son arrogance belle et rebelle !

Au fond la salle, il y avait une jeune femme, le visage pâle, épuisée, tiraillée, angoissée.  Son portrait ne sait masquer le poids de son tourment. Les fins de mois difficile… on est déjà le 3 … l’angoisse du chômage… le fardeau du précariat sur ses épaules déjà trop sollicitées… je ne sais pas, je ne la connais pas, peut être une peu tout cela, peut-être autre chose…. C’est sa vie.saint-caprais-de-Bordeaux.jpg

J’aime son  visage, qui offre toute les nuances  d’une pensée qui se dessine, se construit, s’alimente, se charpente autour du squelette de nos débats, son visage n’est plus le même qu’en début de réunion. Le thème de l’assemblée citoyenne est : sortons du fatalisme par « l’action citoyenne ».

 La nuit et la solitude reculent à Saint Caprais de Bordeaux. Les sondages n’ont pas bougé !

Saint Caprais de Bordeaux, c’est la campagne tout  près de la grande ville, certains anciens y portent encore le béret ou le chapeau, c’est souvent symbolique un chapeau, c’est souvent l’attribut du chef, « celui qui porte le chapeau » est celui qui assume, si ça rate c’est sa faute, si tout marche bien c’est grâce à tous ! Les  idiots l’ont compris qui rechignent à diviser, sectoriser,  isoler, ils  ne veulent pas  voir celui qui a des plumes, celui qui connait le chef de gare et  celui qui décide des aiguillages.

Que c’est beau tous ces idiots réunis dans une salle d’un bled, ils n’espèrent rien du chef, ils sont les premiers à lui trouver mille défauts, ils sont là pour se ravitailler en munitions, l’humiliation qui leur est faite est quotidienne.

Humiliation quotidienne,  pour les communistes de la salle, nombreux dans ce pays, où l’on a construit des tonneaux et des  carrassons (tuteurs de pieds de vignes) faisant la fortune de braves paysans viticulteurs à velours côtelé et « quatre- quatre » noirs.

 Pour les communistes qui ont encaissé la semaine passée  qu’ils n’existaient pas. Pour ces femmes et ces hommes qui doivent entendre,  tous les jours, sur tous les medias, que le vote populaire s’incarne dans le racisme, la xénophobie ou dans l’égotisme ordinaire.

Oui, ces idiots-là sont tous simplement beaux, d’une seconde à l’autre, dans ce temps infini, ils savent que tout peut basculer, ensemble idiot comme toi-même, ils repartiront avec des armes, des armes contre le matraquage médiatique qui ne sait plus quoi faire de l’insolente popularité du candidat du front de gauche, idiot comme nous tous qui refusons de nous abstenir comme un vulgaire sénateur socialiste, parce que d’une seconde à l’autre la lumière peut transpercer la misère de la nuit, comme chaque matin elle le fait sur le boulevard Pasteur à Tanger.petit-matin.jpg

Ce matin-là, les joues rouges des filles au visage pâle signaient le temps des cerises, les gares de trains et de bus se remplissaient d’idiots se rendant à la place de la Bastille, ce matin-là du 18 mars  commençait la Révolution citoyenne, ils avaient mis un beau chapeau….

J’aime certains matins.

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