Parcelle de fièvre, un samedi soir.

Publié le par letang-moderne

170px-Voltaire_by_Jean-Antoine_Houdon_-1778-.jpgC’est une poussière cuprique, bien sûr, un grain platiné et ambré qui m’agace l’œil, me taquine la cornée. Une  torche volée aux rayons de lune qui contusionne mon regard, affecte ma vision….

La sublime conquête pourrait se perdre au milieu des étoiles, mais leurs bras s’agitent, de haut en bas…. A peine descendus, ils remontaient encore, en vélo ou en camion, dés potron-minet ou bien à l’heure du thé, c’est comme dans un songe quand percutent sur l’autre face de votre front les corps effrayants et les têtes de craies  qui s’élèvent et s’étendent, se dressent subitement de nouveau pour s’allonger …. Enfin !

C’est un immense moulin, son ombre est encore plus démesurée, innocente, déficiente et décharnée, elle n’en est pas moins l’insolente innocence qui signe l’apparence d’un  crime….

Et le moulin offre  ses biceps au vent, ses jambes au marais…  les bras tournent, les pieds s’enfoncent… Quel est donc ce monstre vivant qu’ils sont tous venu  pour terrasser ?

La bête  a pourtant l’air bien fatiguée, excédée et éreintée… la bête est accablée et ne saurait se défendre… Et puis il y a les vers de de Musset qui de nouveau éclatent dans la mémoire : Dors-tu content, Voltaire, et ton hideux sourire Voltige-t-il encore sur tes os décharnés ?

Cet effrayant sourire, celui qui fait peur même après la mort….  Il faut l’avoir rencontré, même en rêve, pour connaitre au fond de quoi sont fait les femmes et les hommes…

Sur les plages d’Espagne les villageois lynchent  des corps que la mer échoue… sortie de leur coque, ni vivant ni mort, c’est toujours la bastonnade qui accueille ceux qui osent le pari de la raison…

Et le sourire de voltaire…. Pourquoi cette arrogance, alors que l’on vous dit qu’il est mort.

Tellement mort qu’il n’est plus que chose… matière défunte. Fragments de putréfaction…

Le moulin s’emballe et ses bras s’agitent de nouveau…. Il y a là un malheureux qui aurait pu se faire décapiter, la confrérie s’empoigne… le malheureux s’accuse, s’excuserait presque de son indécente appartenance au mondes des vivants … Il n’y a plus de respect pour personne dans les cauchemars.01-cauchemar-OK.gif

Imperturbables, les pales récitent leurs mécaniques ritournelles, les empennages des moulins ne sont pas des voiles et rien ne bouge rien n’avance … Le vent bouleverse et change, il influence sans convertir, il métamorphose sans modifier, il transforme sans que rien ne change….

Et l’autre qui passe avec sa frime, le long du coteau, devant le moulin, face au vent, elle passe et elle repasse. Joli bluff, coup d’épate et d’esbroufe, flafla et tralala… Mais  pour qui vous prenez vous  bestiaux si démesurément grandis des souffles aigres que vous avez imprimés au vent ?

C’est un éclat de rire qui surgit  de mes cauchemars, et les infirmes se tordent de rires, C’est une poussière cuprique, bien sûr, un grain platiné et ambré qui m’agace l’œil, me taquine la cornée. Une  torche volée aux rayons de lune qui contusionne mon regard, affecte ma vision, le printemps revient.

Il triomphe toujours…

valmy derC’était au mois de Juin, la ville était en fête, c’était le mois de juin et la foule radieuse circulait  gueularde et joyeuse, tapageuse et consciente… il n’y avait plus de Moulin, plus de vent, plus d’aigreur brassée, la foule anonyme était devenue une assemblée consciente.

Ca  y est !!!

Enfin une odeur de café… cette nuit est terminée... mes yeux, mes très chers yeux ne souffrent d’aucune altération, d’aucune dégradation, pas de dégâts, pas d’impureté, pas de trouble…

Le sourire de Voltaire n’est pas une poussière cuprique, on le croyait joyeux, le voilà de nouveau décomposé !

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Laure Z 09/12/2012 17:02


La sincérité, la
générosité et le dévouement sont immortels, mon ami... mes amis... Pour cela et pour tout le reste, je vous aime...