Notre heure est là.

Publié le par letang-moderne

digue-tempete-leskon.jpgLe temps du choc est passé. Violent, amplifié, déformé par les lectures vénales des commentateurs officiels qui abondent ainsi de leur satisfaction à voir leur prophétie morbide et  auto réalisatrice faire la une de leurs journaux.

La boucle est bouclée et pourtant…

Rien des bla-bla qui me sont livrés ne sont satisfaisants.

Le Front de Gauche n’est pas mort et sa stratégie n’est pas l’échec que certains veulent bien étaler. La déception ne se dilue pas dans l’épandage. La vague était brutale et c’est dans la face que nous l’avons reçue. Elle ne nous a pas contournés, elle nous a sauté à la gueule parce que nous sommes la digue. La digue tient.

L’enfer néo libéral jette les peuples dans la grande lessiveuse. La peine crée la douleur, la douleur le repli, le repli l’ignorance et l’ignorance la vaine colère.

Voilà le moment de la tempête dans laquelle  nous sommes.

Il y a ceux, les plus nombreux, qui baissent la tête, et ceux qui se laissent emporter par les courants mauvais, perdus de tous les sales coups qu’ils reçoivent.

C’est la rage, sourde et aveugle, la rage qui éloigne de la lumière et détourne du bon chemin.

Ceux qui veulent faire disparaitre la gauche ont passé un bon moment.

La ligne imposée par les dirigeants du PS en rupture avec le fil qui relie le socialisme à l’histoire de l’émancipation humaine est  en passe d’achever sa victoire.

C’est pour cela que nous avons créé d’abord le parti de gauche, puis ensuite, le Front de Gauche. Pour résister. Pour renouer le fil du peuple à la gauche.

Ils ont tout délavé, des mots qu’ils ont travestis à la complicité des politiques économiques au service exclusif des puissants, les ministres du budget ont les mêmes noms, les mêmes pratiques, la même toute puissance qui les exonère de tout rapport éthique à la chose publique.

Coppé, Cahuzac et Woerth ont les mêmes critères de convergences, le sale travail une fois accompli, ils « contrissent » aux heures de grandes écoute. Componctions formatées qui ne reflètent que leur immoralité. 

Pendant que dans le même temps Sarkozy, Valls et Cazeneuve distillent avec application le sale venin dans les esprits. Voyez  comment ces gens reprennent et diffusent les imbecilités du Front national. Hier encore, comme si ça ne suffisait pas, ils expulsaient des malheureux de leur camp de fortune sous prétexte de la gale !!! Mais la gale ça se soigne avec des médicaments et des médecins, pas avec des CRS.

Ignorance, démagogie, et lâcheté voilà la réponse qu’ils offrent à ceux qui souffrent.

Hollande et Valls croient encore qu’ils peuvent masquer les ravages sociaux des politiques d’austérité par une habileté politique cauteleuse. Leur pauvre pari était de feindre le vide entre eux et le Front National. Or ils ont déjà perdu, la droite ne les reconnait pas, le peuple les abomine.

Dans cette débâcle organisée notre digue est debout. A la « crise économique » dont il s’accommode, Hollande l’isolé, doit faire face à une crise de régime. La cinquième République est  devenue une agonie et leur politique bornée ajoute chaque jour de la souffrance au désastre.

Nous qui n’avons cessé d’alerter, de prévenir, de combattre trop souvent seuls,  contre le FN d’abord, contre les politiques d’austérité,  contre les dérives oligarchiques de l’Europe, contre l’aveuglement de nos amis socialistes et verts, nous qui n’avons cessé de prendre des coups nous sortons de ce traquenards meurtris mais intacts.la mer

C’est pourquoi nous sommes aujourd’hui  dans la bonne position. Ho… Non pas pour se répartir les postes et les honneurs, se chicaner je ne sais quelle place au premier rang, mais dans la bonne position pour éviter le pire.

Parce que  nous avançons à découvert, nous avons pris tous les coups, les plus douloureux, comme toujours, sont venus des nôtres. C’est le moment de prendre à nouveau des initiatives à notre compte. N’attendons pas l’avis des appareils calculateurs pour  rassembler sans ambiguïté tous ceux qui affirment  vouloir mettre en œuvre une autre politique que celle qui s’enchaine aux dogmes de l’austérité.

Notre heure est arrivée en même temps que la catastrophe. La catastrophe  c’est la déception et la colère  de ces 25% de voix de gauche qui s’abstiennent au moment de nous rejoindre. Ce salariat dégouté qui n’a pas voté FN, n’a pas, pour autant, trouvé la force de surmonter ce puissant sentiment de trahison vis-à-vis de leur décision de mai 2012 de rompre avec l’ère Sarkozy.

Notre heure est arrivée, c’est à nous qu’il revient de proposer le programme minimal d’urgence que la gauche et les écologistes doivent immédiatement mettre en œuvre. Augmenter le smic et les salaires, imposer la réforme fiscale qui réintroduira  une juste répartition des richesses. Refonder la République en impulsant  la mise en mouvement du peuple hors des bricolages et des fadaises des réformes territoriales  en cours qui ne visent qu’au démantèlement de l’esprit républicain !

maintenantL’ heure du Front de Gauche est là. Il n’a que quelques jours devant lui pour se saisir de l’opportunité que crée le choc. L’offre politique que nous devons lancer à toute la gauche écologiste républicaine et sociale n’attendra pas que nous ayons fini de couper les cheveux en quatre.

C’est maintenant et tout le monde en est bien instruit, c’est maintenant et c’est une question de survie. Pas pour le Front de Gauche ou telle ou telle de ses composantes. C’est une question de survie pour la gauche.

Commenter cet article

BREGEON 29/05/2014 12:56

Que c’est beau Orchide votre empathie pour cet Homme qui ne supporte pas d' être contredit dans beaucoup d' interviews et je le répète, se devait de rester pour débattre face à Louis ALLIOT du FN .
J' appelle son geste "une dérobade"...

Danielle LEROND 29/05/2014 10:17

Une question de survie, oui, pour des milliers de gens.....!
Tu parles de "maintenant" pour lancer une "offre politique", à toute la gauche....
Certes, le boulot au sommet est de rassembler pour faire "Front" (de gauche)....j'en ai bien conscience, et suis rassurée que cette structure soit assez ouverte pour que chacun - non encartés compris - puisse s'y projeter ....
Mais moi j'aimerai parler du "maintenant" d'en bas, AU CONCRET, des actes possibles à mettre en oeuvre dans les communes, les cités, les quartiers, par les quidams qui comme moi, sont ailleurs que dans les sphères des appareils politiques, fussent-ils rassembleurs pour la bonne cause de l'humain d'abord.... Les citoyens non encartés, mais d'accord avec le petit bouquin porteur de tant d'espoir, ils sont là, les bras ballant.... Il y a bien-sûr le CAC ou des assemblées pré-électorales pleines de belles analyses, il y a les réunionites inlassablement porteuses de théories "pour changer tout ça", il y a des kilomètres de paroles écrites ou parlées qui pourtant ne se muent jamais en actes.... Pourquoi?

FERNANDEZ 29/05/2014 07:40

Merci pour cette grande clarté, ces mots qui motivent pour ne pas rendre les armes. l"ennemi est puissant, il tient tout, il a ses super-chiens de garde ... le combat est très très inégal !! Comment faire ? les pauvres votent à droite ! .... c'est contre eux qu'ils votent ! GillesF

christian 28/05/2014 19:32

J’ai mal au dos. Comme tu le rappelles, ce n’est pas faute d’avoir dit, hurlé que la sanction allait tomber.
J’ai mal au dos du front de gauche qui porte, bien trop souvent seul, les mots et les idées qui donnent à penser l’avenir autrement.
J’en ai plein le dos de ces « gens de gauche » qui n’ont que suffisance et mépris à notre égard.
J’en ai plein le dos de voir les gens souffrir et tisser la corde qui les pendra.
Mais je ne courberai pas l’échine, ça leur ferait trop plaisir.
Je ne courberai pas l’échine car nous, nous avons l’humain d’abord comme horizon.
Courber l’échine s’est donner du grain à moudre à mon mal de dos.
Et ça, jamais !
Et une nouvelle fois merci à toi de nous remuer les méninges.

Danielle LEROND 29/05/2014 15:46

je me suis trompée en cliquant sur "répondre", et mon commentaire ci-dessus est mal placé, désolée, c'était pour Orchidée!

Danielle LEROND 29/05/2014 15:34

à lui seul, dites-vous? Ben non, justement, sans nous il ne pourra rien, malgré toute sa bonne volonté, la clarté de ses analyses, la force de ses propositions, sa qualité de tribun hors pair....et toute l'amitié, le respect et l'admiration que nous avons pour lui : ce n'est ni un gourou, ni un dieu, ni un super-héro! Sans le peuple, rien ne bouge!

BREGEON 28/05/2014 14:29

Je suis de ceux parmi un nombre certain qui a voté pour un refus d' une Europe du seul commerce et du toujours plus pour un petit groupe " d' initiés" que ce soit aux dernières élections européennes comme pour celles qui viennent de s' achever.
j' ai eu confiance en un Homme qui semblait correspondre et incarner cet état d' esprit du refus de cette logique économique mais aussi force de propositions pour une nouvelle gouvernance d' un peuple de gauche porteur d' espoirs par ses représentants .
Celui qui était le premier des représentants fut au fil du temps aigri peut-être de ses propres espoirs déçus mais surtout semblant ne pas se contrôler dans ses réactions en particulier auprès d' un certain nombre de médias.
Dimanche soir , celui-ci en qui, j' avais mis beaucoup trop d' espoirs avec le recul,pour lequel j' ai même mêlé mes voix avec un certain parti pour les présidentielles de 2007, est resté "sans voix" et sans réaction devant le "vainqueur" préférant même partir sans débattre ...
J' ai moi aussi dimanche dernier finit de croire encore aux politiques...

Danielle LEROND 29/05/2014 15:45

à lui seul, dites-vous? Ben non, justement, sans nous il ne pourra rien, malgré toute sa bonne volonté, la clarté de ses analyses, la force de ses propositions, sa qualité de tribun hors pair....et toute l'amitié, le respect et l'admiration que nous avons pour lui : ce n'est ni un gourou, ni un dieu, ni un super-héro! Sans le peuple, rien ne bouge!

orchide 28/05/2014 23:33

erreur Bregeon, quitter le plateau quand on entend les règlements de comptes sur les affaires de l'ump, c'est bien plus digne que d'écouter les commères. Ne l'avez vous donc pas écouté lors de sa conférence de presse sur ce qu'il avait à dire du résultat ? n'avez vous pas entendu sa souffrance? où avez vous vu qu'il s'était aigri ? c'est fou ce qu'il peut ne pas etre compris, combien il me ressemble, combien je souffre comme cet homme là dont beaucoup ignorent encore qu'il est à lui seul, l'avenir de notre pays