Martine Aubry et Le poignard subtil!

Publié le par letang-moderne

le-poignard.jpgForgé par les  érudits de la Tour des Anges, le poignard subtil, que les « Solfériniens de la rue Solferino » appellent aussi le canif amoral, est une sorte de couteau qui possède deux lames.

La première est capable de trancher toutes les discussions, d’absoudre toutes les félonies, d’attester de n’importe quelle logique. La deuxième possède ce pouvoir inimitable et redoutable de découper des passages entre les différentes dimensions du temps et de l’univers.

L’autre particularité du couteau, c’est que son porteur perd automatiquement deux doigts en saisissant son manche. Ce faisant il devient pour lui impossible de fermer le poing.

 Symbole de la force et de l’union.

Martine  Aubry  s’est donc emparée du poignard subtil.

Première efficacité du bistouri, il lui a permis  de couper court à toute discussion, foin d’argument, il n’est pas question de reconnaître que la défaite de Sarkozy est avant tout la démonstration validée de la stratégie du Front de Gauche qui a autorisé la victoire du candidat Hollande en facilitant le vote et le report de millions de voix d’électeurs qui, sans la campagne de masse du Front de Gauche, ne seraient sans doute pas allés aux urnes !

La victoire de la gauche est d’abord celle du renouveau d’une gauche autonome, conquérante  et disponible pour le progrès social et humain.

Deuxième rendement de la lame perverse, Martine Aubry a pu embrouiller, enfumer, salmigonder l’histoire et son sens. Le Front de Gauche, et plus particulièrement, le petit Parti de Gauche, j’aime à l’appeler petit car au moins ça laisse des perspectives, a depuis plusieurs mois interpellé l’ensemble de la gauche, non pas pour gagner ou se partager des circonscriptions mais pour éviter que la gauche ne disparaisse dans un peu moins de 100 circonscriptions. La dague à tordre la réalité et le temps lui offre la possibilité d’un discours aussi mensonger que pervers. D’abord elle infuse la misérable thèse selon laquelle  Jean Luc Mélenchon, lui seul, aurait rendu toute discussion impossible. Pour mémoire c’est lors du dernier Remue-méninges de l’été dernier que nous lancions, avec l’ensemble des partenaires du Front de Gauche, un appel à la discussion avec les socialistes.

Non, plus tard, jamais… stop-mepris-l-1.jpg

Voilà qu’elle fut la réponse. Ensuite elle essaie de plonger le Front de Gauche dans un bain de vinaigre, tentant de répandre la division, versant de l’huile sur tous les petits feux qui ne manquent pas d’apparaître naturellement dans toutes les coalitions. Voulant ainsi briser la création, la galaxie, rêvant de faire exploser le cosmos, que la dynamique du Front de Gauche impose partout sur le territoire. Ainsi partout où un candidat  aux législatives du Front de Gauche pourrait être en mesure de  rassembler toute la gauche au second tour, elle fabrique des tandems PS-EELV, qui n’ont comme seul but de faire perdre le candidat du FDG. Vrai partout en Seine Saint-Denis, vrai en Dordogne, vrai à Paris, qu’il soit député sortant ou candidats crédible, il faut battre et faire battre le rouge. Cela se fait sans le moindre semblant de cohérence idéologique, ainsi dans ma circonscription, la troisième de la Gironde, traversée de bout en bout par le tracé d’une LGV toute aussi couteuse  qu’inutile (ci-joint l’étude commandée par deux élus du FDG en Lot et Garonne : http://www.tgv-albret.fr/actualites/537-presentation-de-letude-claraco.html), Noël Mamère qui  s’est plusieurs fois exprimé sur ce sujet sera secondé par Naima Charaï, conseillère régionale socialiste qui a voté des deux pieds et des deux mains l’ensemble des Partenariats Public Privé et des subventions régionales nécessaires à ce projet. Peu importe la cohérence, comme le prouve cet exemple, l’essentiel  est de gagner des députés, pour faire quoi ? Ce n’est pas la question et peu importe si sur la même affiche cohabite deux thèses fondamentalement opposées. La perversité du canif trouve ses limites lorsqu’elle essaie de diviser le PCF et le PG, proposant ceci à celui là, proposant à l’autre qu’il n’ait pas cela…. Mis à l’épreuve le Front de Gauche a tenu. Il n’y aura pas d’accord de coin de table parce qu’ensemble nous voulons renverser la table.

scie-1-.gifC’est donc avec deux doigts en moins, que Martine la « Maire-emptoire » de Lille, se retrouve assise a son bureau de la rue Solferino, c’est la règle du couteau subtil, celui qui en use perd de sa capacité de préhension.

Les militants Verts et ceux Front de Gauche connaissent maintenant à merveille les intentions du parti socialiste : les opposer, les confronter pour au final les minimiser. Jean Marc Ayrault qui conduit pour le gouvernement la campagne des législatives peut mesurer combien il sera difficile de rassembler tous les doigts d’une même main, quand sa camarade Aubry scie, rogne, tranche... 

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DELAITRE BERNARD 21/05/2012 14:07

Incisif, tranchant, pour le moins.