Ma soirée avec Boris Vian !

Publié le par letang-moderne

le moutonHier soir, la vie militante, une nouvelle fois, m’a offert  un joli moment,   je passe l’intérêt  sur la longue discussion  du mode de scrutin qui doit s’appliquer  à nos votes, je passe sur l’étude comparée et fournie sur les délices du scrutin uninominal à deux tours et ses avantages sur la proportionnelle, tout cela nous aura pris trois heures précieuses de notre temps de militant…

A peine avions-nous le temps d’aborder en 5 minutes, pêle-mêle la mobilisation du 30 septembre contre le TSCG, le meeting unitaire départemental du 26 où ne devrions accueillir pas moins de 5 orateurs, la première université de rentré du réseau jeune du Parti de Gauche qui doit se tenir en Gironde au mois d’octobre, la mobilisation contre l’austérité du 9 du même mois , à peine avions nous le temps  d’aborder ces sujets annexes, que la gardien de la salle municipale de Bordeaux, nous annonçait l’heure du départ !

Bien sûr nous avions commencé en retard, à 19h45 au lieu de 19h30, à cause de camarades frivoles dont je suis, qui sous le soleil de septembre, sur le parvis de cette salle municipale ont pris un peu de plaisir à papoter avec des camarades qu’ils n’avaient pas vu depuis le début de l’été. C’est un grave pêché   que de s’enquérir de la santé de celui-ci, de bavarder un peu avec celui –là, de  demander des nouvelle à celle-là,  ou d’écouter les anecdotes de tel autre ! C’est un grave pêché quand des sujets aussi importants  vous attendent et qu’il faut aller s’enfermer dans une salle lugubre pour  plus de 3 heures de temps !

De cette réunion certains retiendront que j’ai fumé à la fenêtre et que ce n’est pas bien ! Je plaide coupable monsieur le procureur….

D’autre comme mon camarade et ami Jean Michel Mespoulede, secrétaire départemental du PG en Gironde en retiendront les mots nécessaires pour publier un délicieux statut sur Facebook qui pourrait dire :  « Quelle belle soirée ... une réunion ou se mélangent pêle-mêle , des érudits lettrés cherchant la pierre philosophale, des cerbères talmudistes gardiens des textes de la démocratie dont eux seuls comprennent les enjeux, des joyeux camarades férus d'autogestion joyeuse, pétaradante , un frétillant et sémillant apprenti inquisiteur en devenir distribuant déjà les bons et les mauvais points du haut d'une chaire virtuelle qu'il a lui-même apporté, vraiment quelle belle soirée de septembre, vive la crise ! »

Moi, j’ai passé une bonne soirée, m’interrogeant en dedans, en effet j’ai des questions en dedans comme d’autres ont des boutons à l’intérieur, sur l’intérêt et le sens de mots…. Je sais depuis hier, que l’intuition et la force du Front de Gauche, et celle du Parti de Gauche  en premier lieu est tellement forte, tellement pertinente, elle est tellement la réponse politique que nous attendions tous  pour  pouvoir résister, pour entamer la reconquête, que nous avons jamais réellement pris le temps de mettre des mots pour expliciter notre tactique, notre stratégie, nos visées….Martinet

Les lignes d’Horizons  de notre parti se sont sans doute évanouies, bousculées par les vagues successives de combats électifs qu’il nous a fallu mener  en même temps que tant de taches de construction de l’organisation politique nous attendaient, nous espéraient !

C’est à cette question que je pensais, les mots que l’on n’écrit pas prennent un pouvoir imbécile et l’on finit tous par faire des imbécilités !

Tout le problème, tout notre problème de camarades qui s’entretuons de mots se résume au fond à des incompréhensions et à des – comment dirais-je? - à des mots que l’on ne dit pas !

En dinant  tard dans la nuit avec une délicieuse brochette de camarades joyeux, raisonnait dans ma tête ce refrain de Boris Vian :

« On n´est pas là pour se faire engueuler
On est là pour voir le défilé
On n´est pas là pour se faire piétiner
On est là pour voir le défilé
Si tout le monde était resté chez soi
Ça f´rait du tort à la République
Laissez-nous donc qu´on le regarde
Sinon, plus tard, quand la reine reviendra
Ma parole, nous on r´viendra pas »

 


 

 

Commenter cet article