Le temps des luttes.

Publié le par letang-moderne

arton1798-ff2adNous étions quelques milliers hier à Toulouse, et quelques autres à Strasbourg, à Dole ou à Nîmes. Ce matin d’autres étaient à Perpignan, à Bordeaux, ou ailleurs. Dans la France entière comme en Espagne au Portugal, en Grèce, des femmes et des hommes se lèvent pour cueillir la nouvelle saison qu’ils espèrent.

Au total, peu importe le nombre, ici ou là, ce qui compte c’est que partout en Europe, même en Allemagne, une classe sociale, celle des salariés, construit pas à pas, l’outil nécessaire à la sortie de la la nuit austéritaire.

Avant la Révolution Française, le rythme de la vie était organisé par la cloche de l’église et les fêtes religieuses. Chaque année, 150 à 200 jours de fête contribuaient à structurer le rythme du commun, le lien social et à renforcer la présence de Dieu dans les esprits. Après la Révolution Française de 1789, c’est à la bourgeoisie que revenait la responsabilité d’organiser le rythme de la société, de structurer le lien social et de maintenir l’ordre. En se substituant au temps religieux 12 heures par jour, et cela, 7 jours par semaine, le temps de travail est devenu l’instrument de l’organisation de la société et le garant de sa stabilité. Afin de subvenir à ses besoins essentiels, le salarié acceptait que son temps soit pris en charge par l’entreprise en échange d’un salaire. N’étant plus propriétaire du temps qu’il vendait à l’entreprise, le salarié ne pouvait donc plus en faire usage librement.

Quand, comme aujourd’hui, le salaire ne permet plus rien, ni loisir, ni éducation, ni santé, qu’il ne permet pas plus  la douceur de l’expression que les classes moyennes espèrent pour satisfaire leurs besoins d’appartenance, d’estime et de réalisation, plus rien ne tient .

Que celles-ci  sont déterminées par le temps libre quantitatif et qualitatif dont ils disposent. Non seulement, l’activité que l’individu pratique au quotidien pour satisfaire ces besoins détermine son mode de vie, mais en plus, elle structure ses habitus secondaires, sa personæ, la nature de son être et son statut social. Aussi, celui qui s’approprie le temps et planifie l’emploi du temps des classes moyennes détermine les activités qu’elles pratiqueront pour satisfaire leurs besoins. Mais surtout, il permet à celui qui le contrôle de légitimer son autorité et l’ordre social en place.

Les gains de productivité générée par le progrès technique et l’organisation du travail ont permis aux populations des pays d’Europe d’accéder à un état d’abondance et de confort matériel sans précédent dans l’histoire de l’humanité. Malgré ce constat positif, nous consacrons toujours plus de temps à travailler, à produire et à consommer toujours plus de biens et de services marchands. Pendant que dans le même temps la grande misère s’accroit, tuant chaque jour des milliers de pauvres bougres abandonnés à la rue, éjectés des systèmes de solidarités anciens !

Ce que nous proposent les  ravis du vieux continent est d’attendre la fin de la mauvaise saison, pour qu’enfin le système, ce système, se remettent à fonctionner ! Créant de nouvelle richesse pour gaver le gavés, distribuant quelques miettes pour laisser survivre ceux qui les engraissent !

Si le riche  ne crée jamais de la richesse, les pauvres n’engendrent que de la pauvreté ! Tablettes-alienation

C’est exactement pourquoi leur plan de relance par l’offre ou par la baisse des revenus du plus grand nombre est voué à l’échec !

il  n’a pas d’autre ambition que l’horizon borné de leur propre vie de gavés !

Leur crise est profonde, parce que leur politique est stupidement limitée par leur avidité sans fin, Le déroulement de la crise peut se résumer de manière simple : le capitalisme s’est reproduit durant les deux décennies précédant la crise en accumulant une montagne de dettes. Pour éviter l’effondrement du système, les Etats ont repris à leur compte l’essentiel de ces dettes qui, de privées, sont devenues publiques. Leur projet est dorénavant de présenter la facture aux citoyens sous forme de coupes budgétaires, d’augmentation des impôts les plus injustes et de gel des salaires. En résumé la majorité de la population (salariés et retraités) doit assurer la réalisation de profits fictifs accumulés durant de longues années.

Cette politique est désormais admise comme celle du bon sens !  Nous n’avons plus qu’une seule voie possible, tourner à gauche ! Malgré le sens interdit !

Pas besoin non plus d’être un fin politicien pour comprendre que la droite, les droites, toutes les droites, jouent  sur le sentiment de peur qui naît de la crise. Dès lors tous les discours de morale moralisatrice sont bons, c’est le sens qu’il faut donner au succès des dernières manifestations des civitas et autres brouhaha incestueux de la cousinade !

C’est aussi le sens qu’il faut donner aux indignations acrimonieuses que portent, y compris certains des nôtres, au vocabulaire irrévérencieux qui seraient celui de nos dirigeants de la révolution citoyenne !

La crise est effectivement très profonde, à tel point qu’elle semble rendre caduc tout projet de transformation sociale. Il n’y a là rien de surprenant. C’est le propre de toute crise que d’ouvrir cette dialectique entre deux attitudes possibles : faire le gros dos et s’en remettre à des orientations apparemment responsables ou basculer vers des alternatives radicales.

Ce qui se présente, maintenant devant nous, est le temps la lutte ! Les répliques qui s’annoncent aux écœurements des Cahuzac, des tapie, des Woerth, des Guéant, des Sarkozy…. Ouvrent un temps long dont les premiers actes sont en train de se jouer maintenant !

politis-copie-1Le Front de Gauche va  donc réunir toutes celles et tous ceux qui sont persuadés que le monde ayant changé, il n’est désormais plus possible de perpétuer les mêmes lectures, de développer les mêmes réponses, ni de conserver les mêmes instruments d’action.

Nous sommes en train de réunir toutes celles et tous ceux qui reconnaissent que les choses ne peuvent continuer en l’état et que des choix différents sont nécessaires.

Nous étions quelques milliers hier à Toulouse, et quelques autres à Strasbourg, à Dole ou à Nîmes. Ce matin d’autres étaient à Perpignan, à Bordeaux, ou ailleurs. Dans la France entière comme en Espagne au Portugal, en Grèce des femmes et des hommes se lèvent pour cueillir la nouvelle saison qu’ils espèrent : C’est le temps des luttes !

Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :

Commenter cet article