La Valls brune ou la victoire idéologique en trois temps !

Publié le par letang-moderne

4554408318_658f5916d7.jpgLorsque nous avons adopté le vocable des solfériniens pour désigner les usurpateurs qui venaient de s’emparer du vieux Parti socialiste, nous souhaitions indiquer que ce parti n’était plus désormais qu’une adresse. Ce faisant, nous espérions encore, voir se lever un certain nombre de militants socialistes pour ramasser leur courage et leurs idées en reprenant la bataille, là où ils l’avaient laissé un jour de l’inversion du vote du peuple lors de l’acceptation du traité constitutionnel européen par une alliance à faire frémir entre l’UMP et le Parti Solférinien !

De ce jour, l’extrême  droite du PS, libérée de toute crainte d’une résistance interne s’est  résolument affranchie de toutes les règles communes qui font l’identité de la gauche. Manuel Valls a pris le commandement de cet équipage maudit dont le but est de décrédibiliser durablement les aspirations sociales, démocratiques et philosophiques du plus grand nombre : la classe ouvrière !

Une petite musique en trois temps, mise en œuvre méthodiquement comme un putsch, comme un plan condor contre le socialisme.

Au premier temps de la Valls brune, les primaires socialistes.

C’est au cours de cette campagne que la stratégie valssienne est clairement dévoilée, limpide et assumée. Son  affaire est d’entrainer, ne serait-ce que par nécessité politicienne le centre de gravité du parti socialiste  sur une ligne libérale clairement affichée.

Le discours  de celui qui était alors traditionnellement marginal au PS est une ode  au libéralisme économique affichée, décomplexé. Mais en réalité là n’est pas l’essentiel, le brigand, comme tous les pirates prépare l’abordage, et sa posture du moment lui permet le coup décisif. En couvrant de manière outrancière le flanc droit du candidat Hollande, il se rend définitivement utile  au commis du MEDEF, il permet ainsi au député de Corrèze de jouer sa partition favorite, celle qu’il préfère, celle qui le met au centre de la scène !

Quelques-uns  essaieront alors de démasquer la véritable nature de Hollande en tentant de démontrer son atavisme libéral, mais le coup, chaque fois manquera, désormais Valls s’interpose, sans regimber, avec une vraie efficacité,  Hollande est couvert sur son flanc droit, il croit avoir réalisé un bon coup, mais le finassier ne voit pas venir celui qui désormais peut dérouler son stratagème, leur apparente complicité en fera un ministre, son ministère en finira avec la gauche !

Au deuxième temps de la Valls brune, les gammes traditionnelles de l’autorité républicaine.

Derrière  les prises de positions  infectes  que porte le ministre de l’antirepubliqueintérieur depuis le début de la présidence Hollande, il y a bien évidemment l’affirmation décomplexée que seules les valeurs de la droite sont celles de la France. Reprenant tour à tour les poncifs de la sécurité contre la justice,  en mettant en scène ses désaccords avec Christine Taubira, le clandestin de la gauche devient peu à peu le meilleur défenseur de la cohésion gouvernementale. Le point d’orgue de cette machination éclate lors des journées de la Rochelle, où le ministre de l’intérieur va délibérément chercher les sifflets des quelques personnes de gauche présentes pour se placer exactement où il veut : au cœur d’une société déboussolée.

Les postures ou discours à connotation «sécuritaire» sont accueillis comme une sorte de soulagement dans une société minée par un sentiment d'urgence face à la crise. En jouant les gammes traditionnelles de l'autorité républicaine, Manuel Valls caracole au sommet de la popularité et sème minutieusement le poison  au cœur de l’ancien parti socialiste. Déjà tous ces fainéants de députés solfériniens se disent, sans  se l’avouer : «  il  n’est pourtant pas des nôtres mais lui seul pourra sauver notre poste. »

Chef d’orchestre de la dédiabolisation du lepénisme ambiant, il ne lui reste plus, qu’à titiller les stimuli  pavloviens d’un PS  déjà mort, se placer au centre de la lutte contre l’extrême droite  tout en mettant en œuvre sa politique et en reprenant à son compte ses revendications traditionnelles.

Au troisième temps de la Valls brune, l’opération Dieudonné !

2731722288_496f12ce35.jpgLe pitre antisémite est une véritable aubaine !

Grossières, exagérées, absolument inconvenables  les blagues  de ce sale bonhomme ne sont pas acceptables, c’est une évidence. Oui, pour le coup Valls à raison, les spectacles de Dieudonné constituent bien des meetings xénophobes, racistes et antisémites !

Oui bien sûr ! Mais les vrais meetings des Le  Pen, les quenelles de Gollnish au sein d’une institution républicaine, les mots répétés du vieux borgne ne seraient que des détails ?

 Et eux ne mériteraient pas l’interdiction ? Bizarre tout de même !!

Tout le monde le comprend bien maintenant,  ce guignol désespérant de Dieudonné a ouvert   la fenêtre de tir  que le renégat attendait. En brossant la bête dans le sens du poil, en reprenant systématiquement ses poncifs démagogiques  sur l’immigration, les Roms, la sécurité…Valls renforce un climat droitier et anti républicain, il en fait l’air ambiant pour mieux faire croire qu’il en est le seul rempart ! Et c’est en interdisant un pitre qu’il choisit de le faire (je laisse ça à votre réflexion…).

L’affaire est désormais dans le sac, et chacun de nous doit bien comprendre que la lutte contre la bête immonde, qu’elle ait le visage d’un clown, d’une blonde, ou d’un borgne passe par le combat acharné contre Valls, ceux qui le suivent, et ceux qu’il trompe.

Commenter cet article

babelouest 08/01/2014 10:40


C'est pour çà que j'ai dit : je préfère qu'il ne fasse rien !

dedalus 08/01/2014 10:34


Valls est ministre de l'Intérieur, ministère qui n'a pas dans ses attributions les questions de sécurité de l'emploi, du logement, de la santé ou de l'éducation. Il me semble que c'est assez
simple à entendre.

babelouest 08/01/2014 10:19


Je trouve surtout qu'il a une conception de la sécurité qui n'est pas la mienne : pour moi, il s'agit de la sécurité de l'emploi, du logement, de la santé, de l'éducation, enfin ces choses dont
le budget a fondu. En somme la sécurité, c'est quand lui ne fait rien. On en arrive à avoir plus peur des gendarmes que des voleurs. La faute à leur patron, bien entendu.

dedalus 07/01/2014 12:42


Moi, je disais seulement que vouloir mener un combat acharné y compris contre ceux que Valls trompe serait peut-être un abuser. Mais bon, ce que j'en dis...


A Babelouest qui semble se plaindre que Valls s'occupe moins du chômage que de la sécurité, il est sans doute utile de rappeler qu'il est ministre de l'Intérieur. Ceci expliquant sans doute cela.
Non ?

babelouest 07/01/2014 03:53


Tiens Dedalus a réagi, mal. Il y a longtemps que je le dis : le problème n'est pas Dieudonné (ce serait à la Justice de s'en charger, éventuellement), mais Valls. Il faut le forcer à démissionner
honteusement.


 


On notera que les chômeurs l'ont bien compris, comme le montre cette scène


http://blogdejocelyne.canalblog.com/archives/2014/01/06/28881920.html


où son discours sécuritaire lui est renvoyé à la tête parce que pas prioritaire. L'emploi est largement en tête des préoccupations des français, mais lui, Valls, s'en soucie comme d'une guigne.
Puisqu'il ne veut pas comprendre, eh bien c'est à lui de partir sous les sifflets et les huées. Et "son "président " a "vocation" à le suivre, puisqu'il n'est que le réalisateur des souhaits et
exigences des financiers relayés par Bruxelles.


 


Les Français ont cru élire un socialiste, soutenu par une majorité législative socialiste : ils se retrouvent avec des barons dispensateurs de places et prébendes, soutenant l'homme qui a
proclamé aux banquiers londoniens "I am not dangerous". Pour ces banquiers, c'est tout-à-fait vrai. Pour le peuple, c'est la catastrophe à long terme. Donc, dehors ! comme en Islande.