La cuisine me fatigue, les commis m’insupportent.

Publié le par letang-moderne

 

petit matinPour ce midi, j’ai préparé un carré d’agneau, simple au four, avec des pointes d’asperges et des Aillets, quelques patates, revenues au beurre, le tout saupoudré d’une chapelure  de pain rouge… 

Les radis de Bègles, les casse-museau  de Grignols feront le reste, l’Aquitaine c’est simple comme un voyage de la pointe du médoc où les prés-salés ravissent les moutons, au sud Gironde, où les poules font des œufs qui permettent les crèmes d’exceptions !

L’examen des élections présidentielles en Aquitaine est fait, en Gironde il est clair, partout le Front de Gauche est au-dessus du score national, partout ! Il n’y a pas à tortiller dans la cuisine, pas de mousse, pas de fumée sur les plats, il faut laisser sa chance au produit !

A  sainte-terre comme à Villenave d’Ornon, c’est la fête de la lamproie, salle bête la lamproie, mais elle s’accommode à merveille des vins du libournais, souvent même un entre deux mers rouge lui suffit !

Il faut toujours mettre du rouge dans ses recettes parce qu’à la cuisson ca rosit !

Et du rose au blanc, au trop tard,  au trop cuit, il n’y a que quelques minutes de différences, il faut être attentif à tout en même temps, on croit que le Pessac- Léognan est le roi des graves, et on s’aperçoit qu’il est bâtit à Aillas, sur des collines de buissons, non le vin des graves est là, entre rocade et voie ferrée à Villenave d’Ornon.

Le choix du vin pour assurer la continuité d’un plat c’est une chose primordiale, le Bordeaux est un vin surestimé, on le croit complexe, alors qu’il n’est que le produit d’une terre  résistante et de vignerons collaborationnistes !

 Avec ces 12°, il fait le malin, il produit même des rosés qui ne sont que des saignées ,alors qu’en son cœur on boit des Cherguis dans la bonne humeur, entre chant et chaleurs il peuvent atteindre les 25° à Saint Michel, des 18 aux aubiers, idem autour de la gare d’Orléans !

Non vraiment, il n’ y a pas de débat, avec les radis et les Aillets, nous boirons du Chergui, ce vin bien fait, gris et rouge à la fois,  qui vient de l’orient comme son nom l’indique et qui passe au-dessus de l’atlas pour redescendre près de la mer, asséché de toutes les tentations du renoncement, de la demi-mesure, de l’entre deux !

Et puis pour faire simple, avec l’agneau, j’ai décidé que ce sera un Pontac- Monplaisir, le voyage dans le vrai monde des saveurs et des arômes.

Reste le dessert, le casse –museau est une promesse, une vision des lendemains légers et débarrassés des graisses accumulées, un retour aux origines, l’essence d’une vertu, l’instant qui marque à la fois le début et la fin,  l’éclair, l’orage, la révolution !

Là non plus il n’y a pas de débat, une Bergerac blanc ? Trop vert même quand il  est déjà vieux.

 Un sauternes ? Trop mielleux, trop téléphoné, trop sucré et trop cher, c’est un vin de conseiller territorial, ce n’est plus à l’ordre du jour !

C’est un vin d’évêque...certe,  mais la cathédrale est en cours de construction….

Non, non et non, nous boirons un crémant de Libourne, pétillant et sobre, frais et minéral, il vient du clos des cordeliers à st Emilion, il est lumineux et pétillant comme  un trait de lumière dans la nuit, il porte le pont entre les rives de l’évident, du facile, du « mais c’est bien sur » et du nécessaire , il prouve l’être face aux mirages de l’avoir !

Fichez-moi  la paix !

 Imbéciles.

Le Bordeaux n’est pas fait d’anguilles persillades, de haut- brion, et de drones !

Cet après-midi, je regarde les cerfs-volants au domaine de certes !

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