Juste avant de repartir manger une Garbure à la Hesta d’Ornon !

Publié le par letang-moderne

7991354493_595191ac5b.jpgUne hesta mais quesaquo ? Moi qui ne suis ni basque ni breton, ni même auvergnat,  je ne sais pas ce que veut dire ce mot. Ce que j’en ai compris plus au moins c’est qu’il doit s’agir d’une fête, un truc joyeux pour lequel mijote  depuis ce matin une soupe fort appétissante.

Toujours est-il que ce matin de gens enjoués et guillerets défendaient bec et ongle dans une réunion occitane  leur point de vue  en m’attendant comme un frileux nationaliste et schgregneugneux sur le sujet !

On m’attendait donc au coin du bois ! Mais voilà, je suis pour l’apprentissage  le plus grand, le plus universel de toutes, absolument toutes les langues ! Alors bien évidemment que je n’ai aucun aussi avec une langue régionale que ceux qui ont des racines n’ont jamais cessé de parler !

Moi, je n’ai pas ce handicap, je suis un fils de la République et aucun de mes ancêtres n’a jamais été embêté par une quelconque propriété qui aurait pu les enkyster  dans un bout de terre, de langage ou de traditions ! Chez nous on ne possède pas on se défend ! Et il est très vite   apparu à mes arrière-grands-parents, commis de fermes, à mes grands-parents ouvriers du bâtiment, qu’il n’était pas utile de s’identifier à un coin de France ou d’ailleurs, eux qui n’avaient rien, mais plutôt de ramener des bonnes notes à l’école pour s’approprier une langue qui leur paraissait celle de l’émancipation : le français !

Cette parenthèse étant comprise voyons donc maintenant de quoi il s’agit : je suis pour l’apprentissage de tous les langages dans le cadre du service public de l’éducation nationale !

Il n’y a en France que des langues de France, c’est-à-dire qui sont parlées en France ! Le basque comme le Breton, l’anglais d’aéroport, les différents berbères et aussi l’occitan !

Nous avons  une tendresse particulière pour l’occitan parce que c’était la langue maternelle de Jaurès ! Et comme Jaurès, je suis attaché à l’universalité des droits dans la République, c’est peut-être là que j’ai juste un petit problème avec mes amis occitanistes ! C’est que je ne suis pas d’accord avec la charte européenne des langues régionales !8135460342_fcb95f68fc.jpg

Je ne partage pas en effet le souhait de reconnaitre le droit d’aller en justice en basque ou en breton, le droit d’écrire des contrats de travail en occitan, la mise en place de numerus clausus sur un certain nombre de professions en fonction de la connaissance ou non de telle ou telle langue !

Voyez-vous comme Jaurès et en occitan s’il le faut, je suis profondément attaché au respect de l’indivisibilité  des droits sur l’ensemble des territoires de la  République !

Seule la loi protège, elle doit être la même pour tous et nul n’est censé l’ignorer. Si demain au bas de mon contrat de travail à Arcangues, ce petit coin de France sympathique, au Maire plein de bonnes intentions, il est écrit « aktxoak herri pakatok yurg » Je ne suis pas sûr de ne pas me faire enfler, en Basque ou en Corse, le résultat serait le même !

Ceci dit je souhaite que chacun puisse apprendre la langue qu’il souhaite, et je souhaite qu’il puisse le faire gratuitement, dans une école de la République, avec toute la rigueur scientifique que l’on exige de nos maitres et professeurs !

Mes amis, mos amic, il serait vraiment bon que nous évitions les faux procès  entre nous. L’exploitation capitaliste a une langue, c’est le globbish, elle se parle dans toutes les gares et tous les aéroports du monde, c’est la langue du marché, celle avec laquelle on ouvre un compte en suisse, celle avec laquelle on vend des cheveux  sur la tête des chauves !

8352850365_a951385e21.jpgTout ce qui ramène à la connaissance réelle de notre histoire est un cadeau pour l’intelligence, qu’il soit donc bien entendu entre nous que je ne recevrai plus jamais l’injure de nationaliste !

Si je veux apprendre le basque au lycée Français de Nouakchott je dois en avoir le droit, tout comme si je souhaite apprendre  le berbère au  collège d’Arcangues !

Voilà la singulière position qui est la mienne…. Comment on dit les Lumières en Occitan ?

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Un partageux 19/06/2013 14:19


"Et il est très vite   apparu à mes arrière-grands-parents, commis de ferme, à mes grands-parents ouvriers du bâtiment, qu’il n’était pas utile de
s’identifier à un coin de France ou d’ailleurs, eux qui n’avaient rien, mais plutôt de ramener des bonnes notes à l’école pour s’approprier une langue qui leur paraissait celle de
l’émancipation : le français !


 


Aujourd'hui, dans la même volonté monolingue et avec le même sens de l'adaptation à l'époque, il faut juste remplacer "français" par "anglais"... ;o)

Karantez 19/06/2013 12:52


Finalement, vous êtes un adepte de Jacques Attali, lorsqu’il écrit dans son « Dictionnaire du XXIe siècle Fayard, Paris,1998 » :



- « Tout humain deviendra un être sans père ni mère, sans antécédents,
sans racines ni postérité, nomade absolu"


 


- "Il s'agit aujourd'hui de se défaire des vieux oripeaux des sociétés européennes et d'oublier la notion réactionnaire
de famille et tout ce qui est hérité à la naissance"


 


Elle est belle votre République française qui a assassiné méthodiquement toutes les langues régionales, contrairement à bien d’autres pays
européens où nombre de leurs régions pratiquement officiellement le bilinguisme :


-        Il faut "par tous les
moyens possibles, favoriser l'appauvrissement, la corruption du breton, jusqu'au point où, d'une commune à l'autre, on ne puisse pas s'entendre [...] Car alors la nécessité de communication
obligera le paysan d'apprendre le français. Il faut absolument détruire le langage breton"
(Lettres des préfets des Côtes-du-Nord et du Finistère à M. de Montalivet, ministre de l'Instruction Publique, 1831)


Une langue est une richesse, une culture, une histoire, une pensée. Je ne parlais pas français lorsque je suis entrée à l’école primaire. Et
pourtant, j’ai été rapidement en tête de classe ; le bilinguisme facilite la gymnastique intellectuelle par la confrontation permanente entre des structures de phrase très différentes et
parfois totalement à l’opposée. Maintenant, je parle six langues et je peux voyager sans problème dans tous les coins de la planète. Contrairement à celui qui ne parle que le français et qui veut
éradiquer la diversité linguistique de nos régions. Comprenne qui pourra.


 Kenavo betek an distro

Un partageux 15/06/2013 23:12


Sais-tu que c'est l'occitan qui a donné au français le mot "amour" ? 


Sais-tu que tous les écrits de Jaurès sont farcis d'occitanismes ? Que l'on prend souvent, ou bien pour la marque d'une époque, ou bien pour un style personnel de Jaurès.


Les Lumières, en oc du nord, c'est l'eime. L'eime qui relève autant de l'esprit que du cœur. La solidarité en pratique quotidienne. L'assiette en trop pour le cas où passerait quelqu'un, voisin
ou chemineau, voyageur pour affaires ou mendiant.


Il y a une foule d'écrits ouvriers socialistes, syndicalistes, anarchistes, bref protestataires et revendicateurs en occitan au XIXe. Jaurès y a repris pas mal d'idées lorsqu'il est
passé du centrisme (nommé alors républicanisme) au socialisme.


Quand on parle de langue, en France, il faut parler du monolinguisme. On a des siècles de volonté monolingue. Au point que l'on ne voit même plus cette volonté.  


L'histoire du français. Une langue de cour pour se distinguer des manants. On oublie aujourd'hui que le deuxième scandale de l'Encyclopédie est d'avoir imprimé pour la première fois de façon
systématique les mots "vils" qui ne devaient pas être une composante d'une langue noble. Tout le vocabulaire attaché aux métiers et aux techniques. La cour n'avait certes pas besoin d'user des
mots charrue, faux ou faucher. On a encore aujourd'hui une police de la langue qui sommeille en chaque lettré... Et il est bien difficile d'oublier ce grammairien qui disait voici guère plus d'un
siècle : "Le bon usage ? C'est l'usage des meilleurs quartiers de Paris, Neuilly et Versailles !"


J'ai la prétention d'avoir une connaissance de la langue française supérieure à la moyenne. Eh bien je n'ai pas la prétention de comprendre un contrat, qu'il soit de travail, d'assurance, de
garantie. Même dans mon propre boulot, je refile la lecture des contrats à des gens spécialisés dans le domaine tant le droit est avant tout la capacité et la propension à filouter. Et regarde
nos politicards qui ont érigé la xylolangue à des sommets...