Jean-Luc Mélenchon, n’est pas un bouc-émissaire.

Publié le par letang-moderne

1412428387_203c7e0aec.jpgDans une note de blog le 12 mai, je concluais en parlant de jean Luc Mélenchon que l’on ne peut pas demander à Moise de tenir une épicerie , aujourd’hui je sais qu’il n’est pas plus juste de le comparer à un bouc. En effet dans la bible les prêtres  d’Israël posaient leurs deux mains sur la tête d’un bouc, de cette manière ils pensaient que tous les péchés commis par les juifs étaient transmis à l’animal. Celui-ci était ensuite chassé dans le désert pour servir d’émissaire et y perdre tous les péchés. Ainsi naissait l’expression contemporaine du Bouc-émissaire.

On en fini plus de revenir sur les résultats des élections législatives, comme si toute la période de construction du Front de Gauche se rabougrissait dans l’élection de 10 députés et la défaite insurpassable  d’un des nôtres. Nous l’avons déjà dit 10 000 fois : prendre le combat contre le FN, comme une priorité du combat contre le système entretenu, c’est shooter sur la canne qui le maintien, et c’est exactement  ce que nous avons fait et que nous avons bien fait de faire.

L’avons-nous bien fait est la véritable bonne question ?

Le grand enseignement de notre campagne présidentielle est d’abord sa grande réussite. Cette belle fortune n’est pas dans les grands rassemblements inouïs que nous avons construit, elle n’est pas non plus dans cette campagne de masse qui fait pour  la première fois irruption dans une élection présidentielle. Les milliers d’assemblées citoyennes  que nous avons initiées ne sont que  le dispositif et le mécanisme de la longue marche vers la reconquête idéologique que cette campagne nous a donné d’entamer.

Notre grande victoire est d’avoir rompu, brisé, explosé  la chape consensuelle du discours libéral, de ses sornettes de règle-d’or, de gestion rigoureuse, et d’économie de disette ! Oui la campagne présidentielle a permis d’imposer le thème du partage des richesses, elle a permis aussi d’enseigner combien nos sociétés étaient riches, et combien les catéchismes  sur la crise  n’avaient que pour seul but de déguiser en marasme économique et financier ce qui n’est juste qu’une énorme crise de la répartition et de la mobilisation productive de la richesse. Pour imposer ce discours, non pas dans la campagne, mais dans la société toute entière, il a fallu d’abord briser tous les écrans de fumée, la bruine, la bouillasse que colportait, en vrac et par tombereau, les discours officiels et les medias inféodés. Débat surréaliste de la viande hallal, relayé y compris dans les rangs du parti socialiste, débat improbable sur la dédiabolisation de Marine le Pen, feuilleton insensé sur sa quête imaginaire aux  cinq cent signatures !  Pour imposer le retour du discours social et la revendication ouvrière dans le débat, il fallait d’abord  désenfler la posture  Le Pen, il fallait écourter les jérémiades courtoises à son égard, il fallait diminuer sa crédibilité dans le monde ouvrier au moment où tous les suppôts du système s’évertuaient à faire l’inverse !cretin

C’est exactement ce message que nous avons porté, c’est exactement cette stratégie  qui a permis que la parole du Front de Gauche soit écoutée et devienne audible dès lors qu’il avait réussi a -faire-baisser-les-yeux-aux-le-pen- nous pouvions enfin dérouler les thèmes de l’humain d’abord.

Le smic à 1700 euros et le salaire maximum, la santé pour tous  et la sixième République ne sont pas des axes de campagnes qui disparaissent avec l’élection de François Hollande. La planification écologique et la bifurcation économique qui l’accompagne, la mise en place  de la règle verte sont autant d’axes de pénétration de la société française qui ont été largement abandonnés par les candidats du Front de Gauche pendant la campagne législative !

Celui-ci pensait à son accord pour les municipales à venir quand tel autre calculait comment il pourrait devenir conseiller communautaire ou territorial ! L’un s’affichait dans la majorité présidentielle  quand l’autre n’hésitait pas à glorifier dans sa profession de foi tous les espoirs que lui inspirait le changement version Hollande !

Ce n’est pas d’une campagne nationale dont le Front de Gauche a manqué pendant les législatives c’est d’une cohérence politique ! Ceux qui ont pris le front de Gauche pour un taxi, ont commis la grave erreur de croire que l’on pouvait conduire le char sans permis et sans connaitre le code de la route !

6166602016_bf53cf21ff.jpgLe Front de Gauche est une construction de pointe, il n’a de sens que dans la sagacité perçante  de l’ordre établi. Le Front de Gauche est un outil, l’outil de la rupture. Celui des candidats qui oublie cela et qui se présente plan-plan  devant les citoyens se condamne à l’incompréhension, au désintérêt, à l’oubli des électeurs !

Jean Luc Mélenchon, finissait la campagne présidentielle porte de Versailles avec ces mot : « Avec mes camarades du Front de Gauche, nous serons, maintenant, et pour toujours, la force autonome indépendante et exigeante, qui ne se marchande pas, qui ne tripote rien sur les coins de bistrots, qui ne s’arrangera avec personne d’autre que le peuple lui-même, et avec son propre programme »

Jean Luc Mélenchon n’est pas un épicier devant sa boutique, il n’est pas Moïse gravant les tables, pour rester dans la métaphore biblique, il n’est pas bouc, il est bâtisseur !

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