Hier soir Hollande a plié !

Publié le par letang-moderne

melee-relevee.jpgComme à la mêlée, lorsque le pilier droit rompt, le beau jeu devient impossible... Etre pilier au rugby c’est un état d’esprit, ca position ne fait pas rêver, dominer son vis-à-vis par des techniques de poussée, l’amener vers le bas, le tirer, le remonter et tout ça dans un silence absolu sans même que l’arbitre s’aperçoive du moindre mouvement.

Le pilier est un roc qui tient son équipe, lorsqu’il flanche c’est toute l’équipe qui se retrouve à genou…..   Le Président de la République  de la Gauche est le pilier du changement et hier bien qu’arrivé sur le plateau de Chazal avec le torse bombé et le menton en avant, Hollande a plié.

Il a plié trois fois !

D’abord il a cédé sur le récit de cinquième République, reléguant son premier ministre au rôle d’animateur et de coordonateur de l’équipe gouvernementale, tançant les ministres novices et inexpérimentés  (pourquoi les a-t-il choisit ?) se figeant dans la posture Sarkozienne du Président hyper puissant, il endosse à son crédit l’ensemble de la politique gouvernementale. Le voilà fixant le cap et l’agenda, s’ordonnant la règle de venir régulièrement devant les télés …. Affirmant au passage qu’il est seul à fixer les objectifs, adoptant par la même, la vision monarchique du rôle présidentiel, remisant les assemblées et leurs élus au statut de chambres d’enregistrement !

La commission Jospin peut bien explorer les pistes qu’elle veut, la messe est dite, circulez, la cinquième République se porte bien, et l’hyper- présidentialisation qu’a engendré le quinquennat est acceptée par la gauche au pouvoir.

Ensuite il s’est cintré, gondolé, baissé devant le dogme austéritaire qui saigne l’Europe et ses peuples, en poursuivant et en accentuant la politique  de ponction, il annonce l’administration d’une potion bien indigeste pour l’économie réelle du pays. Cette politique qu’il nomme le redressement est l’annonce d’un plan Fillon puissance 2. (30 milliards de ponction le plan Fillon n’en prévoyait que 15)

Elle faite de  frugalité pour tous les services publics qui mis à part l’éducation, la justice et la police verront leurs effectifs diminuer à un rythme jusqu’alors inconnu, inimaginable  même lorsque le très libéral Baroin maniait  la serpette au ministère de la fonction publique.

Elle est faite d’ascétisme, cette croyance insensée qui conduit a penser l’économie comme un comptable, les investissement publics comme des dépenses, la santé, l’éducation et la formation des salariés comme des coûts, alors qu’ils ne sont que la raison même d’une politique de satisfaction des besoins de la population ! L’ascèse que prescrivent les libéraux de tous poils est contraire à l’intérêt même la vie….lorsque les forces vives de la nation, c’est à dire les salariés, seront réduits à l’état de yogi, jeunant et vénérant assis en tailleur les bien faits de la règle d’or ! Amaigris et amoindris par tant de dévotion rigoureuse à l’équilibre des comptes, il n’y aura plus personne pour acheter une télé, une cafetière, ou un vélo… l’économie réelle sera en lévitation !yogi

Elle est faite de privations, de restrictions et de mortifications, mortification pour les salariés de PSA qui ont hier soir appris qu’ils auraient droit à la mise en place d’un plan social exemplaire avec un « effort important » pour assurer leur reclassement….en actant ainsi la disparition de l’usine d’Aulnay, le Président abandonne non seulement les femmes et les hommes de Peugeot à leur triste  sort, mais il renonce au rôle créatif que l’on attend d’un Etat redevenu stratège. Restrictions pour les classes moyennes qui verront leur impôt sur le revenu augmenter des la troisième tranche, autant dire dés le seuil de ce revenu indécent qu’est le SMIC atteint .Privation dés lors que la refonte de la CSG annoncée en filigrane, amputera de prés 50 euros mensuels les salaires, si comme on le pressent c’est de 4 points que l’on augmentera  son taux pour compenser les 50 milliards que les entreprises ne paieront plus pour le financement de la sécurité sociale.

C’est sur ce sujet que pour la troisiéme fois Hollande s’est courbé, il s’est courbé au point même de s’agenouiller, incliné et couché qu’il est,  devant la fable de la compétitivité ! En acceptant  la fiction du coût du travail, la légende de la rigidité du marché de l’emploi, il entre dans une nouvelle phase d’acceptation des fictions patronales ! Toutes les statistiques sérieuses le montrent le prix du travail en France  est inferieur de presque 20% à celui de l’Angleterre ou de l’Allemagne ! Et le rendement, la productivité des ouvriers, des techniciens, des ingénieurs, supérieure de presque 10 points ! Quand à la Galéjade d’un code du travail qui nuirait à la souplesse du management des entreprises, il s’agit là d’une grosse Marade ! Selon les statistiques de la DARES de Juillet 2012  la part des contrats à durée déterminée n’a jamais été aussi forte  au point de culminer à 80% des embauches !

Ces embauches ne sont pas réalisées dans la majorité des cas pour palier un surcroît d'activité ou remplacer un salarié absent, les deux seules justifications prévues par la loi pour pouvoir recourir à un CDD mais pour répondre d’une part à l’effet d’aubaine que constituent les contrats aidés et d’autre part  pour préserver les marges bénéficiaires en cas de restriction de l’activité !

chomeur.jpgJe ne reviens même pas sur la diabolique invention « sarko-medefienne » de la rupture dite conventionnelle qui permet en réalité le licenciement sans cause, mesure que la gauche n’a toujours pas abolie !

En s’écroulant ainsi devant la poussée de la première ligne adverse que représente le MEDEF, syndicat puissant de la défense des intérêts de ceux qui en en ont (des intérêts), Hollande vient d’engager la France dans une politique de recul sans précédant, enfoncé par la pression idéologique des libéraux, mis sur le « reculoir » du fait de sa propre indécision, la marche arrière effectuée hier soir conduira inévitablement à l’enlisement libéral.

A défendre derrière notre ligne, les perches sont offertes à l’adversaire qui n’a plus qu’a transformer l’essai en réclamant d’avantage d’austérité, d’avantage de privations, d’avantage de restrictions .

C’est ce que fait le MEDEF appuyé sur ces deux piliers la compétitivité et la casse du compromis social de 1945.

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BOUTHILLON 10/09/2012 14:38


Alors là !  Je suis tuée ! Impérial ! Tout y est ! Sauf que tu dis Traité, quand pas une seule fois, de Chazal ou de Hollande, le mot n'a  été prononcé ni, ce me semble, porté à
l'échelle européenne. Donc, à partir de maintenant, tirons-en les conséquences, et que le 30 septembre, soit la 3ème phase de démarrage d'un parcours de prise de pouvoir par le peuple, en tenant
compte du fait que non, nous ne sommes pas seulement autonomes... mais la vraie opposition de la Gauche des propositions constructives, réalisables et concrètes. Ceci étant, Hollande est un
magicien, puisqu'une amie pourtant plutôt hamoniste, a déclaré dans mon salon : "il est bon Hollande ce soir !"  La lucidité n'est manifestement pas à la portée de tous et le
président par défaut a de beaux jours devant lui à nous chanter la sérénade d'une présidence exemplaire, Si nous ne continuons pas notre information pédagogique auprès des masses citoyennes,
 et si nous ne gardons pas le manche par devers nous de la contreproposition tenace, nous assisterons à une dérive démocratique dont les germes se développent déjà, grâce au terreau d'une
concentration des pouvoirs sans précédent. Je redoute de devoir être sacrifiée sur l'autel des impôts, sans savoir si cela a du sens ! Je te remercie infiniment de ton analyse fulgurante,
que je vais m'empresser de partager... jusque c hez les socialistes. Impair et manque ! Le jeu de la roulette a commencé avec nos vies !

le journal de personne 10/09/2012 10:39


Le changement c'est main tenue !

http://www.lejournaldepersonne.com/2012/09/le-changement-cest-main-tenue/

Nous avons voté pour quelqu'un qui nous ressemble... malheur ! Malheur !
Nous sommes malheureux de voir jusqu'à quel point nous sommes normaux.
Les mêmes que lui-même.
On parle comme un peuple éveillé et on vit comme un peuple qui dort.
François, françaises, nous avons gagné quelques centimes d'essence et perdu le sens de notre infime existence.