De la méprise au mépris.

Publié le par letang-moderne

4237325310_cb0b9451f7.jpgSouvent mes amis communistes, hé oui j’en ai, ça vous cloue ça, mais c’est vrai !

Souvent mes amis communistes me disent très solennellement : il ne faut pas mépriser les communistes, il faut respecter leurs rythmes, leurs traditions, leur organisation et leur façon de faire. Alors comme au fond, comme je suis un très gentil garçon, je respecte.

Pour autant, il est évident  que nous ne sommes pas d’accord. Ni sur la portée du Front de Gauche ni sur sa vocation ni même sur sa destination. Le seul point d’accord qui subsiste entre nous est l’évidence du caractère néfaste de la politique mise en œuvre par le gouvernement et le constat de la conversion des solfériniens au néo libéralisme. Nous voulons ensemble le combattre mais nous n’avons pas la même façon de faire !

Voilà la méprise !

La méprise  c’est que nous considérons nous, toutes les autres forces du Front de Gauche, qu’il y a dans l’attitude de faire des listes communes avec le PS comme une fausseté du jugement mal conduit. Un égarement de l’esprit raisonné dû à la gaucherie de manœuvres qui ne doivent rien à la logique, ni même à la pensée réelle des communistes. Les communistes se méprennent. Ils s’y prennent mal pour apprécier la réalité. En voyant des points d’accords avec tel ou tel parlementaire socialiste dès lors qu’il n’est plus au palais Bourbon pour voter des lois antisociales, ils apprécient très mal la réalité. Comment celui qui est un austéritaire à Paris deviendrait  un défenseur des services public à Floirac, à Mérignac, ou à Pétaouchnock.

Cette vision erronée devient une  sorte d’idée fixe difficilement perceptible et corrigible par les auteurs eux-mêmes  de ce jugement perverti !

Nous ne trouvons pas le juste ton pour leur faire comprendre, en toute fraternité,  l’indigence de cette posture. Et c’est dans ces conditions que nait le mépris !

Effectivement, il n'est pas très difficile à qui considère attentivement les fonctionnements et conduites des hommes, de repérer avec quelle malheureuse facilité la précipitation de nos observations, l'emportement de nos analyses, l'emballement de nos déductions... débouchent sur de redoutables mésinterprétations , de fâcheuses conclusions, d'autant plus coriaces d'ailleurs qu'elles sont le produit de démarches viciées non-conscientes de leur sottise !

Il y a bien quelque chose d'exponentiel dans l'essor des démarches cognitives : les plus tordues génèrent des monstres proportionnels à leur degré de malignité, ne demandant qu'à proliférer dans des délires toujours plus effarants et incontrôlables.... L'ignorance au carré (ignorance qui s'ignore elle-même) ne peut que s'amplifier dans ses errances multipliant la gravité de ses méprises !6260040930_77b87d356f.jpg

Ainsi en dénonçant ce que nous considérons comme une  simple erreur d’analyse de  la situation, nous voilà repeint en extrémistes gauchistes, en jusqu’auboutistes  excessifs et mal polis…. L’ensemble de ces douceurs étant reprises amplifiées  du plus sot des solfériniens au plus parfumé des journalistes parisiens en passant par Pierre Laurent lui-même.

Voilà qui nous éclaire sur la situation dans laquelle nous nous trouvons, les fourvoiements terribles qui s’opèrent à Paris et dans toutes les villes de France où nos camarades communistes s’apprêtent à faire liste commune avec les solfériniens sont absolument illisibles pour nous.

Attitudes illisible pour nous et critiques inaudibles pour eux!

Voilà donc venu le temps du mépris qui est juste consécutif  de la méprise perceptive et interprétative !

6954609212_9853ee8849.jpgAmis communistes cessez de mépriser le Front de Gauche !

La sortie de la spirale infernale doit s'effectuer par la brèche que nous accepterons de laisser s'ouvrir dans les ténèbres de notre intériorité axiologiquement viciée; seule la trouée même timide insinuant la Lumière salvatrice en nos esprits si facilement enclins aux méprises de tous ordres, sera à même d'en rectifier les désordres pour, peu à peu, nous délivrer du plus vénéneux des fruits de nos errances qu'est le mépris. 

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babelouest 17/10/2013 06:07


Sans doute certains apparatchiks craignent-ils de perdre ce statut (enviable ?), ce qui les conduirait à œuvrer à rebours de l'intérêt de tous. Espérons que la base va les recadrer, voire les
persuader de démissionner.

Michel GUENOT 13/10/2013 20:19


retraité, je reviens à la politique depuis peu 18 mois, pourquoi parce que Jean Luc Mélenchon ralluma la flamme, malgré ma méfiance, au PG depuis 5 mois... 


Pourquoi ?: probablement parceque localement le PCF joue la carte PS depuis trop longtemps et celà perdure, probable aussi dans mon inconscient que ceux du PS créant d'autres partis
firent leurs mutations, point barre...


Je suis beaucoup de communistes et cgtistes et solidaires en accord avec eux...sauf les sectaires, je savais qu'ils y en avaient ceci explique celà (PG)  je pensais
que le PCF avait fait un grand pas pour sa mutation, je craignais qu'elle ne fusse finie, je crois que non...


Amis communistes ceci n'engage que moi ...          

Délia 12/10/2013 16:46


Complètement d'accord avec Danièle ! Moi aussi j'ai des amis cocos, j'en fus même une, jadis, et si aujourd'hui je refuse tout encartement, c'est pour essayer d'accéder au mieux à mon
identité.... Ceci pour dire que je suis profondément attristée et en colère contre ces combats d'appareils, qui, comme le dit ce billet, ont une mauvaise influence sur l'élan du Front de Gauche.
C'ets pourtant simple, quand on y regarde du côté des quidams que nous sommes, en masse, désireux de construire des lendemains qui chantent dès maintenant: des listes autour d'un engagement
commun, l'humain d'abord! Pourquoi aller s'engager ailleurs sur autre chose, forcément réducteur, quand ce n'est pas carrément ...impossible !

Danièle Dugelay 12/10/2013 14:34


J'aime beaucoup cet article pour sa sincérité et sa simplicité. Le mépris, c'est vraiment ce que ressentent toutes les autres composantes du Front de Gauche, le mépris exercé à leur encontre par
la direction et une partie de nos camarades communistes. Ce qui me semble plus grave, c'est qu'on voit bien apparaître chez nos concitoyens de la vraie gauche la même constatation : la direction
du PCF les méprise en voulant leur faire avaler des arguments qui ne tiennent pas debout. Le Front de Gauche est un beau rêve pour nous, pour nos camarades communistes, pour au moins 4 millions
de nos concitoyens. L'errance d'un seul parti, même ancien et important, n'a pas le droit de briser cet espoir, car il n'en existe aucun autre. C'est une terrible responsabilité devant l'Histoire
de demain.